Alice in Movieland

 

L'Alice de Caroll a été maintes fois transposée à l'écran, et je ne me livrerai pas à l'exercice visant à établir des parallèles d'ordre psychanalytique entre l'œuvre originale et le cinéma (l'écran-miroir / relativité de l'espace, du temps  et des dimensions /  postulat commun  d'une précipitation dans l'obscurité pour que l'histoire débute etc.)...

 

En ce qui concerne mon sujet,  3 oeuvres ont attiré mon attention "d'archéo-kino-bibliophile":

 

1/ "Alice in Movieland: an opereta in one act " de Hanna Van Vollenhave. 1909. Edition The Willis Music Company.

Je n'ai pas trouvé pour  l'instant d'exemplaire en bon état  de ce livret d'opéra , mais je ne désespère pas ;)

 

2/ "Bobby in Movieland" du révérend Francis J. Finn. 1921. Benziger brothers. Roman pour enfant extrêmement moralisateur et religieux. Une fiche est en préparation.

 

3/ enfin, "Alice en movieland" de Belford Forrest. 1927. Expression Company Publishers. Une pièce de théâtre en deux actes, écrite pour les enfants.

 

 La présente fiche traite de cet ouvrage.

 

Alice in movieland est une courte pièce à la dramaturgie simpliste. Elle a été publiée l'année de l'avènement du parlant. Aucune référence cela étant à cette technique dans la pièce.

 

Le lecteur plus âgé s'aperçoit vite que les dialogues traitent  sans ambages de problématiques d'adulte:

 

- le pouvoir de l'argent et le caractère arbitraire de l'autorité qu'il confère;

- le monde des "pauvres" n'est pas plus tendre que celui des "riches" , comme le démontre les tensions inter-hiérarchiques au sein du personnel de maison.

- Sentiment partagé par la haute société aux débuts du cinéma, les films comiques ont vocation à distraire le bas peuple. Le théâtre correspond mieux au divertissement d'une élite de qualité.

- enfin, la pièce débouche sur une satire du milieu du cinéma totalement inattendue dans une œuvre pour enfants. Ainsi:

  • Le réalisateur du film ne connaît pas le nom du scénariste, et impose obstinément à ce dernier sa vision des choses. De son côté, le scénariste voudrait voir son œuvre transposée sans trahison... et au mépris de l'aspect -et du coût- matériel des choses.
  • La distribution des rôles  est imposée par les producteurs du  film (une des actrices, chaudement recommandée par un des producteurs, arrive en nuisette vaporeuse sur le plateau...).
  • Les acteurs et actrices s'embrassent, se congratulent mais se détestent en fait.
  • L'argent est omniprésent. Plusieurs chiffrages sont intégrés dans les dialogues (coût par bobine, salaire journalier des stars etc.) alors que la pièce s'adresse aux enfants..!
  • Communication très habile, très médiatique, de certains acteurs qui jouent sur la paradoxe de la  star idolâtrée  qui se rend pourtant simplement au studio,  en empruntant le métro. Profil de la star populaire et "populeuse".

Auteur: Belford Forrest 

 

Auteur/compositeur des chanson et intermèdes musicaux: Jeannette Dowling.

 

Editeur: Expression Company Publishers. Boston. 

 

Année de parution: 1927.

 

Descriptif: 56 pages. Couverture solide, et papier à fort grammage. Une illustration: croquis de la mise en espace de la scène.  

 

Résumé:

 

Acte1:

New-York. 1927.

Orpheline, Alice a été recueillie par sa richissime tante Anastasia, femme d'autorité pour ne pas dire insupportable. Son mari, Adolphus n'est qu'une pièce rapportée, mais sa grande gentillesse constitue un indispensable contre-poids à l'antipathie de son épouse..

Aujourd'hui, la petite fille fête ses 8 ans. Ses camarades lui organisent une surprise partie dont le point culminant n'est autre qu'une sortie secrète au cinéma, en fin de soirée.

La tante fait montre d'une grande aversion pour ce vil divertissement, et les occasions de diaboliser Charlie Chaplin sont nombreuses dans ses propos.

Aussi, lorsqu'elle a vent du projet des enfants, elle consigne  Alice  dans sa chambre et congédie la dame de compagnie de la petite, au motif qu'elle était dans la confidence.

Profitant de l'absence de son oncle et de sa tante partis au théâtre, Alice redescend dans le salon et s'endort près du grand feu de cheminée.

 

Acte2:

Soudain, le salon est investi par un réalisateur puis un caméraman, le scénariste et enfin une pléiade d'acteurs célèbres: Charlie Chaplin, Douglas fairbanks, greta garbo, Mary pickford etc..

le film s'intitule: La belle au bois dormant.

N.B: les acteurs du 1er acte occupent ces rôles.

Une polémique éclate vite entre les actrices pressenties pour interpréter le rôle-titre.

Querelles inutiles, car c'est la petite Alice qui remportera sans le vouloir le casting, par sa candeur et sa spontanéité.

 

Alice est réveillée de son rêve par son oncle et sa tante, tous deux attendris par la beauté et la solitude de l'enfant.

Tout cela était donc irréel...mais pas inutile!

La tante Anastasia  a changé d'avis et d'humeur depuis que son mari l'a convaincue de se rendre au cinéma plutôt qu'au théâtre..

Tout est bien qui finit bien.

C'est avec ses amis et sa dame de compagnie, réembauchée, qu' Alice pourra aller voir  le nouveau film de Charlie Chaplin.

Fin.